Lamahuana - Les aventures d'Elise et Hugues en Equateur

Lamahuana - Les aventures d'Elise et Hugues en Equateur

15 – La cérémonie des semailles !

Il était temps de vous donner des nouvelles. Après ces 3 semaines incroyables passées en France, on est repartis sur de bons rails ! Et en ce moment tout s'accélère un peu, et comme on est déjà un peu acclimaté, on prend le pli tout de suite. Les réunions avec les différentes communautés se multiplient pour faire avancer les différents projets, le bénévolat avec l'alliance française s'intensifie (soirées jeux et chorale), et on va commencer (enfin!!!) les cours de français pour les habitants de San Francisco qui travaillent avec nous, les grandes ferias approchent, que ce soit juste pour la fête ou par rapport au projet artisanal d'Elise...

 

Mais c'est un tout autre sujet sur lequel nous allons nous attarder aujourd'hui, celui de l'agriculture ou particulièrement, d'une cérémonie d'échange des semailles que nous avons vécu récemment.

 

« Je viens d'un pays où seule 3% de la population active travaille la terre.

Je viens d'un pays où de nombreux enfants ne savent pas que le lait vient de la vache

Je viens d'un pays où il y a un catalogue officiel de semailles qui interdit officiellement la vente et l'échange de toutes les semences anciennes qui ne sont pas répertoriées.

Je viens d'un pays où une majorité de nos produits alimentaires passent par le secteur industriel

Je viens d'un pays où l'on oublie la dimension spirituelle du rapport à la Terre et à la création.

Ce pays, chers amis, c'est la France..

Mais tout n'est pas perdu, car toujours aujourd'hui, des paysans se battent pour retrouver la liberté des semailles, pour retrouver un lien avec la terre, pour lutter contre un productivisme industriel qui détruit à la fois nos terres, mais aussi notre propre rapport à la Nature. Des femmes et des hommes luttent en France pour que l'agriculture ne servent pas à accumuler du capital, mais bien à faire vivre des familles entières et à nourrir l'humanité.

 

Bravo à vous, continuez à échanger, à faire pousser, à nourrir vos familles, vos voisins et les autres. Continuez à vous organiser en petites coopératives car un jour viendra où vous devrez lutter pour conserver votre autonomie et vos libertés.

Pas de civilisation sans paysannes et paysans, le futur est entre vos mains, vos outils et vos terres.

 

Alors merci pour cet accueil, c'est un grand honneur pour moi de participer à cette cérémonie de bénédiction des semailles.

Yupaïchani ! »

 

Nous étions à Palacio Real, invité par Segundo, un des membres de la directiva de cette communauté et responsable d'une petite entreprise de fabrication de boisson à base de Quinoa. Cette cérémonie a lieu tous les ans, et est l'occasion pour les paysans locaux de se retrouver pour échanger des semailles et présenter quelques produits transformés. Le tout organisé par la coopérative locale « Maquita » qui organise l'achat, le conditionnement et la revente du quinoa biologique dans tout le secteur.

 

A la base, nous devions seulement participer, discuter et regarder bien sagement pour voir comment s'organise une telle cérémonie. Mais c'était sans compter notre ami segundo qui a poussé Hugues au centre de la place. L'extrait précédent est donc ce qu'Hugues est parvenu à dire (en espagnol!) quand il s'est retrouvé parmi les 14 hommes et femmes selectionnés pour présider la cérémonie andine de bénédiction des semailles.

 

Cela a été une chance incroyable. Mais dans ces cas là, on prie pour ne pas être le premier à avoir le micro parce qu'on ne comprend pas forcément ce qu'il faut faire. On observe, on écoute et on imite. Lorsque l'occasion se présente d'avoir la parole, on tente à la fois de dire quelque chose qui ait du sens, sans trop s'éloigner du sujet, le tout dans une langue qui n'est pas la sienne, tout un défi..

Aprés les présentations de chacun des membres du comité de présidence, il a fallu installer les trois cercles concentriques de fleurs, de fruits et de céréales, au centre duquel trônait un petit feu et le shaman. Les 14 membres choisis ont été mis en couple (un homme et une femme) pour représenter les différentes portes enérgétique du corps humain. Il nous paraît important de préciser que Hugues s'est retrouvé avec une petite mamie dans la représentation du chakra sexuel (petit moment gênant mais sans grandes conséquences finalement, et heureusement...)

 

La cérémonie fut lancée pour 20 minutes, pendant lesquelles nous nous sommes tournés vers les 4 points cardinaux en demandant à chacun des esprits de bénir les semailles et de nous donner la pluie. A la fin, chacun a pu dire un mot sur son ressenti et nous sommes allés nous rasseoir pour.. la messe catholique de bénédiction.

Assurée par le père Graziano Mason, président et créateur de Maquita, cette messe nous a fait un bien fou. Depuis longtemps nous attendions une célébration joyeuse, qui nous parle. Nous avons même eu la chance de reconnaître certains des chants =).

 

Ainsi, une cérémonie andine avec un shaman, la messe catholique, avec une bonne moitié des gens présents qui sont évangéliques... Bienvenue en Equateur, où ici les mots inter-religieux et syncrétismes prennent tout leur sens.

 

On espère que tout vas bien pour vous qui suivez nos aventures.

Au plaisir d'avoir de vos nouvelles !

 

 


16/09/2019
1 Poster un commentaire

14 - Nous vivons ici !

Avant de débuter, sachez que dans le cadre d'un heureux mariage familial, nous rentrons en France pour trois semaines en août. Pour celles et ceux qui le peuvent, et le veulent, nous organisons une soirée ouverte de mi-retour le vendredi 23 août : https://www.facebook.com/events/2305642082861889/

L'occasion de voir quelques photos, de nous poser toutes les questions que vous voulez, de faire un peu la fête aussi. Au plaisir de vous y croiser =)

 

Bonne Lecture !

 

Nous vivons ici !

 

Quand on parle de « communauté » ici, ce n'est pas un simple mot mais bien une réalité juridique au sein du fonctionnement administratif de l'état équatorien. Depuis longtemps, les indigènes dispersés dans la sierra andine, se regroupent en village. Dans une société extrêmement hétérogène entre blancs, metis, noirs et indigènes, ordonnée au profit des deux premiers, les communautés ont commencé à lutter pour une reconnaissance, parvenant à s'installer durablement dans le paysage et dans l'organisation territoriale. En 2008, sous la présidence de Rafael Correa, la nouvelle constitution va définitivement institutionnaliser et reconnaître le principe des « comunidades » regroupées en « Junta Parroquial » autour d'un bourg un peu plus grand.

 

Si le terme « alcade » (maire) est réservé aux responsables élus des cantons, ici celui de Riobamba, c'est un « presidente de junta parroquial » qui gère la ville de Calpi et les 17 communautés qui se sont formées autour, dont La Moya, Rumicruz, Palacio Real, Jatari Campesino et bien sûr San Francisco de Cunuhuachay.

Pour les communautés, c'est différent. Elles fonctionnent un peu comme une structure associative dirigée par une « directiva » (bureau) avec un.e président.e, un.e secrétaire, un.e trésorier.e et des élus pour un ou deux ans, c'est selon.

De fait, ces communautés peuvent donc prétendre à recevoir des subventions de fondations, ce qui n'est pas le cas des GAD (gouvernement autonomes décentralisés) des grandes villes, des cantons, provinces ou ministères publics. Lorsque de grandes décisions doivent être prises, il y a une assemblée générale, mais le plus souvent, la « directiva » s'occupe des affaires de gestion courante. C'est là qu'apparaissent les fameuses « mingas ».

 

C'est l'idée simple d'un travail communautaire, où toutes celles et ceux qui profitent du chantier sont tenus, sous peine d'amende, de participer aux travaux. Ces derniers sont multiples, cela peut être pour nettoyer des routes après de fortes pluies, construire un bâtiment collectif, préparer une grande fête ou gérer les besoins en eau.

 

Par exemple, San Francisco de Cunuhuachay est raccordée à un réseau d'eau potable récent et régulier, mais pour ce qui est de l'irrigation des champs, c'est une autre affaire. Deux « fuentes de agua dulce » (sources d'eau douce) sont utilisées, l'une près du village, avec un réservoir creusé à même la montagne et un petit canal qui distribue dans les terres alentours, mais ça ne suffit pas. Il y a plusieurs décennie, les indigènes se sont organisés pour aller chercher l'eau jusqu'au pied du volcan Chimborazo, à plusieurs kilomètres. Cela a nécessité de longues semaines de main d’œuvre pour construire un canal ouvert (la plupart du temps), entre la source et les terres du villages. A flanc de montagne, le canal couvre une longue distance, mais est souvent victime d'éboulements, de coulées de boues ou plus simplement de la nature qui reprend ses droits, poussant allégrement au gré du passage de l'eau.

 

Ainsi, chaque année, une grande « minga de agua » est organisée, où toutes les familles utilisant l'eau pour leurs champs, doivent envoyer une à trois personnes pour monter sur la montagne et nettoyer le canal. Armés de solides bottes, de picos (pioches), palas (pelles) et asadon (houe), nous avons passé deux journées entières à suer jusqu'à la source à 4000 mètres d'altitude. L'organisation est plutôt simple, chaque groupe familial est positionné tous les 2 ou 3 mètres le long du canal et a la responsabilité de cette portion. Une fois le travail effectué, ils continuent leur chemin, dépassent les autres groupes et prennent la prochaine parcelle libre, et ainsi de suite jusqu'à la source.

 

N'étant pas sur la liste communautaire, nous avons constitué une petite équipe de « secours », survolant les parcelles pour aider tel ou tel groupe en difficulté face à une portion plus compliquée que les autres. Parfois, il fallait dégrossir plusieurs mètres cube de terre et de buisson, sans machines évidemment.

 

C'était la première fois que nous participions à des gros travaux avec la communauté, qui n'a pas l'habitude d'être aider par des « blancs » sur ces chantiers là. Alors entre les piques niques partagés, les blagues sur nos « petits poumons d'européens » et les conversations pendant les longues marches, ça brise un peu la glace entre eux et nous. Notons que désormais, pour une bonne partie des habitants de San Francisco, Elise n'est plus seulement, la « mujer de hugo », mais bien une personne à part entière avec un prénom et un caractère propre. Ça à l'air un peu scandaleux vu de chez nous, mais c'est très compliqué à faire comprendre ici qu'Hugues puisse faire la vaisselle pendant qu'Elise discute à table avec les gens. C'est aussi étonnant pour eux qu'Hugues puisse ne pas savoir où est Elise, qui travaille et se balade sans forcément faire des rapports précis de ses déplacements à celui qui est considéré comme son « mari ».

 

Après plus de quatre mois de présence, quelques participations à de petites mingas, aux célébrations ou fêtes locales. Après quatre mois d'investissement dans les projets de l'association des femmes de la Quilla Pacari, et dans les communautés alentours ; Les gens ne nous prennent plus pour des touristes, nous appellent par nos prénoms, des surnoms même et les regards sont différents.

Il y a peu, c'était la Copa America. Nous avons été invités par Yvan, Jefferson, Luis et d'autres jeunes de notre âge à regarder le match chez eux. Samedi prochain, ce sera notre premier mariage avec invitation officielle, par le neveu de Marcella.

 

Et voilà, nous y sommes...

Nous vivons ici !

 


18/07/2019
3 Poster un commentaire

13 – Les français de l'étranger, un réseau précieux – épisode 4

Le CEFAL

 

Le français à l'étranger n'est pas une espèce rare, ni vouée à disparaître. Cependant il était nécessaire de vous en délivrer les différents aspects : volontaires, associatifs, institutionnels. Il est désormais temps de vous livrer les informations sur un dernier groupe que nous pensons pouvoir appeler : "Celles et ceux qui restent" ! Nous allons d'abord vous resituer dans le contexte, avec un peu d'Histoire, et après, on vous raconte ce qu'on a fait avec eux.

Bonne lecture !

 

 

En 1957, le pape Pie XII sort l'encyclique « Fidei Donum » où il appelle les diocèses des pays occidentaux à envoyer pour plusieurs années, des prêtres dans les pays du sud. Si on se centre sur la France, en 25 ans, c'est près de 1000 curés qui quittent leurs diocèses et vont partir vivre sous d'autres latitudes afin d'y servir de nouveaux peuples.

 

Pour gérer tout ça est créé, en 1961, le Comité Episcopal France Amérique Latine dont les objectifs sont d'assurer le lien entre les diocèses français, les curés envoyés en missions , mais aussi les centaines de religieux et de religieuses déjà sur places, plus les laïcs (comme nous) qui viennent s'ajouter à tout cela. Ça fait un paquet de monde, et surtout un sacré maillage des territoires sud-américains avec une accumulation de connaissances historiques, culturelles, religieuses et politiques. Alors on ne vous cache pas que ça n'a pas été de tout repos à l'époque, notamment parce que les prêtres qui sont partis venaient globalement de se prendre la révolution de Vatican II en pleine face (plus de messes en latin, gros travail sur la doctrine sociale de l'Eglise, ouverture aux autres religions...), et qu'ils arrivent sur un continent où les blessures de quatre siècles de colonisation sont encore béantes.

 

Entre révolutions sociales et dictatures militaires, l'Eglise d'Amérique latine évolue dans deux sens opposés : D'une part une Eglise proche de son peuple, avec la théologie de la libération, et d'autre part une Eglise qui soutient l'ordre établi, voir même qui copine avec les régimes militaires. Entre des prêtres, évêques ou bonnes sœurs assassinées pour le combat auprès des plus pauvres et d'autres qui s'affichent ouvertement auprès des pires dictateurs, c'est pas simple de s'y retrouver. Si l'Eglise des pauvres l'emporte en 1968 lors d'une conférence continentale à Medellin (Colombie), elle subira un premier revers en 1979 à la conférence de Puebla (Mexique) avec un retour en force des conservateurs, une quasi condamnation de la théologie de la libération par le Vatican en 1984 et le développement des missions évangéliques largement financées par l'étranger pour contrer la montée du « communisme », au sens large du terme pour les conservateurs, c'est à dire tout ce qui se rapproche de près ou de loin à une gauche qui veut changer les choses.

 

Les engagé.e.s français.e.s se retrouvent au cœur de tout cela, dans des réalités de vie si différentes de leur paroisse d'origine. Le CEFAL, au fil des années, forme celles qui partent, accompagnent ceux qui reviennent, et sert aussi de transmetteurs des réalités du continent pour celles et ceux qui s'y intéressent en France, via des revues spécifiques.

 

Aujourd'hui, les enjeux sont bien différents. Finis les curés révolutionnaires dans la jungle avec des fusils d'assauts (Ou presque), adieu les évêques en photo avec Videla ou Pinochet (Pour le moment) ! Mais une partie du clergé conservateur demeure influent, des épiscopats entiers sont bousculés par des scandales de pédophilie comme au Chili, et le monopole catholique est menacé par la montée en puissance des églises évangéliques, installées désormais depuis plusieurs décennies et très influentes sur l'évolution politique de certains pays comme le Brésil ou au Costa Rica.

Malgré tout, il reste des militants de terrain disséminés un peu partout auprès des plus pauvres et qui alimentent toujours cette théologie de la libération avec passion. Le CEFAL accompagne toujours près de 50 prêtres, 300 religieus.e.s et une centaine de laïcs sur le terrain, globalement proche d'une vision « libératrice » de la spiritualité catholique.

 

Ce sont ces gens là, passionnés et passionnants, que nous avons côtoyés trois jours durant, sur la côte pacifique, lors d'une rencontre du groupe d'Equateur. Un prêtre qui a vécu au Nicaragua pendant la révolution sandiniste, des religieuses qui ont connu le diocèse de Riobamba dans les années 90, une époque où le souvenir de Mgr Proano, dit l'évêque des indiens, était encore bien présent. Et des laïcs aussi, curieux de Dieu, amoureux de l'Equateur, parfois anciens volontaires, et vivant ici depuis plus de 20 ans.

Et nous, humbles militants MRJC et volontaire DCC au milieu de tout ce beau monde, quelle expérience !

 

C'était au mois de mai, sous un soleil de plomb, mais avec une plage à 200 mètres =)

Au programme de ces trois jours, des visites, du repos, du spirituel et des échanges très forts. D'abord un temps de rencontre, avec une animation « petite histoire/grande histoire » très dense, qui va lier notre vécu personnel avec de grands événements locaux, nationaux et/ou mondiaux. Ensuite des temps sur nos actualités d'engagements, avec conseils des uns et des autres pour avancer.

Et Enfin, un temps de formation sur la politique locale qui avait pour intitulé : « L'Equateur ou le chaos politique ». Des précisions sur les institutions politiques du pays, des analyses des dernières élections générales du 23 mars 2019 (régions, cantons, mairies...). Mais aussi des critiques sur le fonctionnement global du pays entre crise de 1999, la dollarisation, la révolution citoyenne et le miracle équatorien sous Rafael Correa, la corruption généralisée, l'arrivée au pouvoir de Lenin Moreno et ce que l'on peut appeler actuellement : « Le néolibéralisme par surprise »...

Nous ne pouvons pas publier en l'état le compte rendu de cette petite formation mais Hugues se tient prêt à envoyer le fichier à celles et ceux qui en font la demande via pinelhugues@gmail.com

 

Pendant trois jours, on discute de la vie, de politique, on refait le monde, on bronze sur la plage, on visite des musées, des zones naturelles magnifiques. On fait à manger ensemble, on prend l'apéro, on joue au tarot, on reprend l'apéro, on s'écharpe pendant 1h pour préparer la messe alors qu'on est 6 à discuter, le tout avec la langue de Molière !

Une bouffée d'air frais ! Affaire à suivre, on retrouve la troupe en Novembre avec comme thème le synode sur l'Amazonie et vous l'aurez compris, nous avons déjà hâte d'y être.

 

Et voilà, c'est la fin de la série sur les français de l'étranger, on va continuer les articles dans les jours qui viennent avec de nouveaux sujets qui, nous l’espérons, vous feront rêver un peu et pourquoi pas, vous donneront l'envie de voyager.

 

On vous embrasse bien fort !

 

Hugues et Elise


24/06/2019
4 Poster un commentaire

12 – Les français de l'étranger, un réseau précieux – épisode 3

L'ambassade et le consulat

 

Alors là on va pas forcément vous faire rêver en vous parlant institutions, mais ça nous paraissait important de parler concrètement de ces petits bouts de République française qui nous accompagnent même à l'autre bout du monde.

Alors quelques précisions tout de même pour mettre au clair qui sont nos interlocuteurs officiels:

 

  • L'ambassade ne possède qu'un seul lieu fixe par pays, généralement dans la capitale. Si la représentation diplomatique est sa mission première, elle peut aussi, selon les pays, gérer des missions de coordination humanitaires, culturelles ou sociales, via des services spécifiques. L'ambassadeur change généralement tous les 3 ans, en ce moment il s'appelle Jean Baptiste Chauvin. Il a une allure discrète et un peu austère mais est sympathique et plutôt attentif.

 

  • La section consulaire a une mission d'administration publique, devant assurer le lien entre la République et les français vivant en Equateur. Si le consulat général se situe généralement dans la capitale, parfois avec l'ambassade, les consulats honoraires se répartissent au gré du nombre de résidents français et leurs lieux de vie dans le pays. En Equateur, il y a deux consulats honoraires à Guayaquil et à Cuenca par exemple. Le consul s'appelle Eric Nadal, à l'allure timide, mais très avenant, sociable et prompt à l'échange.

 

  • Les représentant.e.s consulaires sont élu.e.s tous les 6 ans, au sein des français vivant dans le pays. Elus de proximité, ils vont être consultés au moins deux fois par ans sur tous les sujets d'actualités et vont aussi aussi voter pour l’élection des sénateurs des français de l'étranger. Ici en Equateur ils sont trois : Jerôme Monteillet, Tannya Bricard et Michel Laforge.

 

 

 

 

Vous nous connaissez, les mots patriotes, nations, identité, ne sont pas forcément les plus importants dans notre vocabulaire. Cependant, on vous assure que quand on va à Quito, il y a toujours ce petit sourire inexplicable sur notre visage quand on voit pointer le drapeau Bleu/Blanc/Rouge à l'angle de l'Avenida Patria, juste en face de la Casa Cultura. Ce petit plaisir de pouvoir croiser Martial, le beau gendarme à qui l'on va pouvoir dire « Bonjour » ! (en français dans le texte) en entrant dans ce petit écrin de France. Et malgré le manque d'amabilité du garde équatorien à l'entrée et le fait que l'on doive laisser toutes affaires à l'entrée (au cas où tu voudrais pirater l'ambassade avec ton smartphone...), il y a un petit sentiment de « comme à la maison ».

On traverse le jardin à droite, on entre par une petite porte, et à coup de « bonjour » à droite à gauche, on prend les escaliers pour rejoindre l'un des quelques bureaux de l'ambassade. On croise François-Justin, le jeune stagiaire en costume qui doit gagner 15 fois plus que nous (en même temps c'est pas dur...), et on se fait accueillir par notre amie Thaïs (qui nous loge gratos quand on vient sur Quito), responsable du service coopération, on serait presque des habitués !

Ce jour là, c'était le 29 mars, on était allé en catastrophe se renseigner pour s'inscrire sur les listes électorales en prévision des élections européennes.

 

Et justement, ce fameux samedi 25 mai, ce fut l'occasion d'aller voter directement à Quito, on allait pas louper ça. Hugues, en souvenir des soirées électorales de sa jeunesse dans les bureaux de vote chaumontois (merci papa!), a tout de suite voulu s'inscrire au dépouillement, au grand plaisir du consul qui avoue généralement qu'il manque du monde et que les volontaires sont les bienvenus.

Autant vous dire qu'un bureau de vote à l'ambassade de Quito, c'est finalement comme partout en France. Il y a celles et ceux qui prennent ça très au sérieux,d'autres qui font des petites blagues pour détendre l'atmosphère et puis aussi d'autres qui se retrouvent là un peu par hasard alors qu'ils avaient plutôt prévu de se retrouver avec des copains pour boire un coup ce soir, mais comme le copain c'est le président du bureau de vote, bah ils ont pas eu le choix.. Ce qui a surtout été chouette, c'est le buffet pâtisserie/viennoiseries : Mille feuilles, tartelettes, pains aux raisins et j'en passe ! Le rêve gustatif, trois mois qu'on avait pas mangé un vrai croissant =)

 

L'actualité du moment, qui nous met en lien avec les conseillers consulaires notamment, c'est le lancement de la campagne de soutien à la loi référendaire visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris. La grande question est la suivante : Si le ministère de l'intérieur est tenu d'organiser la mise en œuvre pratique, le partage d'informations aux citoyens français vivant à l'étranger fait-il partie des missions consulaires ?

On n'y croit pas trop, le gouvernement ne mettra pas tout en œuvre pour mettre en lumière au plus grand nombre l'existence de ce droit constitutionnel, mais bon, on échange là dessus et on verra bien.

 

Il est important de noter que les services coopérations de l'ambassade et du consulat sont aussi nos interlocuteurs privilégiés lorsqu'il y a des appels à projets spécifiques qui pourraient concerner des actions menées par Ahuana dans les communautés. Par exemple, le centre de lama-thérapie est en route pour avoir un petit soutien de deux mille euros de l'ambassade, et la venue d'un groupe de jeunes des apprentis d'Auteuil en 2020 pourraient être soutenu par le consulat à hauteur de Cinq mille euros.

 

Pour le reste, il est évident que ce que l'on attend avec impatience, c'est la fête du 14 Juillet ! L'occasion, parait-il, d'une bonne fiesta entre français, dans la capitale, où tout le monde est invité, avec tout ce qui peut nous rappeler le pays : Pain, vin, fromage, champagne, charcuterie et Patrick Sébastien (non ça c'est pas sûr...)

On vous racontera !

 

Des gros bisous à tout le monde !

 

Et pour celles et ceux qui tiennent à des aéroports publics, soutenez le projet de réferendum d'initiative populaire via ce lien :

 

http://nous-signons.org/


14/06/2019
2 Poster un commentaire

11 – Les français de l'étranger, un réseau précieux – épisode 2

Les jeunes français.e.s s'engagent !

 

On en a croisé une paire de jeunes engagés comme nous de-ci ou de-là, et à chaque fois c'est l'occasion d'une rencontre, d'un bel échange, de perspectives et d'opportunités variées pour nous durant cette année en Equateur et pour celles et ceux qui nous suivront à Ahuana. Nous avons trois exemples parmi tant d'autres, bonne lecture !

 

 

 

Ecological Indillama Yaku

 

EIY (pour les intimes) est un projet solidaire créé par un couple franco équatorien (Ophélie et Victor) afin de participer au développement du tourisme communautaire dans un village quichua d'Amazonie. Après la mise en place de l'accueil de petits groupes de touristes sur plusieurs jours pour des escapades hors du commun au cœur de la forêt, la structure s'est lancée dans la vente de produits artisanaux différents. Le projet du moment est la culture biologique de vanille, on a hâte !

EIY, comme Ahuana, est un projet ancré dans le réel, en lien avec la population qui reste maîtresse des projets. D'ailleurs, cela fait deux ans (plus peut être?) que les deux associations sont en lien, partagent leurs communications, leurs produits de vente et s'envoient mutuellement les volontaires pour découvrir le terrain.

C'est comme cela que nous avons fait la rencontre de Florence, jeune engagée pour 6 mois aux côtés de EIY. Elle nous a rejoint pour 3 jours afin de partager notre quotidien et de voir de plus près les différents projets de tourisme communautaire autour de Calpi. L'occasion de ratifier un document de projet commun, permettant d'assurer le lien entre les associations après nos départs respectifs : On y trouve de la vente, le partage d'information, la participation commune à des événements culturels et bien entendu l'échange des volontaires au moins une fois par an.

 

Pour en savoir plus sur EIY, et contribuer à leur magnifique projet, cliquez sur ce lien : https://chuffed.org/project/the-ecological-indillama-yaku-challenge . Ils viennent de lancer leur campagne de financement participatif pour les projets 2019 : La formation des guides, la protection de l'eau et bien sûr la culture de la Vanille ! (C'est en anglais au début, la traduction française est un peu plus bas sur le site).

 

On leur souhaite bien du courage, et nous irons sûrement y faire un tour cet automne.

 

Un Opcion de mas

 

Par le biais d'une rencontre organisée par France Volontaire, nous croisons la route des volontaires français de l'association « Un opcion de màs » : Luce, Justin, Fatene et d'autre encore. Le turn-over est important là bas, beaucoup de jeunes passent sous diverses formes de volontariat, notamment le service civique à l'international ou des stages pendant les études.

L'objet de cette structure est le travail de réseau, la mise à disposition de divers savoirs faire au service d'associations de terrain dans tout l'Equateur : sensibilisation, communication, audit de fonctionnement démocratique ou financier. Basée à Quito, les membres d'«un Opcion de màs » parcourent l'équateur à la rencontre des acteurs de terrain sur les thématiques suivantes : Santé, éducation et promotion socio économique.

Via leur site : http://www.uneoptiondeplus.org/ ou leur page Facebook : https://www.facebook.com/uneoptiondeplus/ vous pourrez découvrir toutes les associations du réseau et avoir un petit aperçu de la vie associative en Equateur.

 

Lors de notre passage à Quito pour les VISAS, début mai, c'est d'ailleurs Luce qui nous accueille, avec Thais (vous en entendrez parler dans le prochain épisode de la série) sa colocataire pendant trois jours. Passer trois jours à Quito, c'est l'occasion de prendre le temps de se balader à nouveau et de découvrir quelques parcs, des nouveaux quartiers (notamment le Saint Leu de Quito..) et aussi, avouons le, de se mettre à jour sur la série « Game of thrones » avec une Wifi correcte. On mange ensemble, on chante, on joue, on boit des bières, du vin et on mange du saucisson, ça fait du bien...

Nous les retrouverons sûrement en Juin, à l'occasion d'une rencontre nationale des volontaires français en Equateur. Affaire à suivre !

 

La posada de Tigua

 

Rappelons le, nous vivons dans une maison dont l'objectif est d'accueillir des touristes 7j/7 et 24h/24h. La quilla Pacari est référencée sur un paquet de blog spécialisés sur les randonnées, le tourisme communautaire et d'autres manière de voyager autrement. La plupart de ces sites étant francophones nous avons de nombreuses occasions d'accueillir des compatriotes de France, mais aussi de Belgique ou du Québec.

Passer du temps avec eux est une part non négligeable de notre mission finalement, et cela donne régulièrement lieu à des rencontres insolites. Nous prendrons le temps d'écrire des articles, plutôt en fin de mission, pour décrire tout ça. Vous lirez pourquoi le maire adjoint de Clermont Ferrand s'est retrouvé ici une semaine avec 4 élèves en chaudronnerie industrielle, Comment nous avons fêté les 20 ans de Véronique, jeune québecoise de passage ou encore comment Michel et Brigitte, couple de retraités français, sont devenus des amis dont nous suivons le périple régulièrement.

 

Mais nous allons nous attarder aujourd'hui sur Julie et Felipe. Julie est une jeune française, aujourd'hui en couple avec Felipe, un équatorien du nord de la sierra. Au delà du fait que leur passage à la Quilla Pacari a été très sympa, il est important de noter que Felipe est propriétaire (avec une partie de sa famille) d'une ancienne hacienda à 4000 mètre d'altitude, dont le nom est « La Posada de Tigua ». Là bas, ils participent à un projet mêlant agriculture, élevage et tourisme et accueillent régulièrement des volontaires pour des courtes durées lors des hautes saisons.

Notre mobilité dans le pays étant réduite par nos moyens financiers réduits, c'est grâce à des gens comme Julie et Felipe que nous pouvons bouger un peu. Nous passerons sûrement, au cours de notre année, quelques jours là bas, afin d'aider leur projet en échange du logis, du couvert et d'un peu de temps pour des randonnées dans un territoire différent du nôtre.

Ce gîte est aussi un potentiel débouché pour les confitures fabriquées à San Francisco, affaire à suivre.

 

 

 

 

 

 

Pour conclure, notons bien que ce sont ces rencontres qui donnent un petit plus à notre éphémère passage en Equateur. Nous en apprenons plus sur les diverses formes d'engagement, tout en témoignant du nôtre, et nous prenons conscience de l'extrême diversité des motivations du « voyage », qu'il soit court, long ou parfois sans idée de retour. Et ce n'est pas finis !

 

On vous embrasse bien fort,

Et on vous dit : « Au prochain article ! »


28/05/2019
1 Poster un commentaire